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(Photo Corinne Scanvic)



COMPILATION RÉALISÉE PAR JEAN-MARIE DAVID

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CITATIONS DE THIERRY JONQUET

« J’écris des romans noirs. Des intrigues où la haine, le désespoir se taillent la part du lion et n’en finissent plus de broyer de pauvres personnages auxquels je n’accorde aucune chance de salut. Chacun s’amuse comme il peut. »
Thierry Jonquet, Rouge c'est la vie, Le Seuil,1998.

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« La calomnie est un art. Ne le pratique pas qui veut. Il faut apprendre. Cultiver pour cela sa propre lâcheté, savoir haïr sa victime, en connaître tous les travers... Alors, et alors seulement, viennent les délices du mensonge, les plaisirs que procurent les manœuvres louches, la délectation perverse que fait naître la souffrance de la cible choisie. Et la satisfaction infinie de ressasser le vieux dicton : il n’y a pas de fumée sans feu ! »
Thierry Jonquet (alias Ramon Mercader), Du passé faisons table rase, Albin Michel,1982.

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La Série noire a bouleversé ma vie. Il y a 15 ans, je menais une existence tranquille et honnête. Aujourd’hui, j’appartiens à la douteuse cohorte des auteurs de romans noirs. Qui signent des textes macabres, désespérés ou loufoques, mais jamais ternes. Qui cachetonnent pour des maisons de production audiovisuelle. Qui écrivent aussi pour les enfants de petits romans, noirs. Qui se lèvent tard le matin et ne prennent le métro qu’aux heures tranquilles. Qui ne connaissent plus les douceurs du salariat, mais ne savent pas ce que leur réserve le lendemain.
Thierry Jonquet, extrait de Ma vie en « Série noire », article in Le Monde – Le Monde des livres n° 15625 du 21/04/1995

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« Le roman noir est condamné à un concubinage forcé avec la barbarie, cette courtisane au regard torve, aux vilaines manières. Elle écarte ses cuisses avec un sourire d’une rare insolence. Obscène, elle est obscène ! II faut malgré tout la besogner, littérairement, s’entend ! La tâche est rude. Je suis fasciné par la créature. Sa laideur me désarme, me laisse pantelant. Le roman noir est son fidèle compagnon. Prétendant docile, charmeur, avec son nœud pap’ et ses gants beurre-frais. Il veut la marier ? Ben voyons ! Célébrons leurs épousailles, ils ont un sacré bout de chemin à parcourir ensemble. Je ne suis qu’un petit garçon d’honneur, engoncé dans son costume taillé trop court. Les doigts dans le nez, à l’heure de la cérémonie, j’écoute distraitement le sermon du prêtre, je croque au passage quelques dragées amères, forcément amères, je sniffe les remugles d’encens qui montent dans la nef, je mettrais bien ma main aux fesses, joliment rebondies, de la nonne qui officie à l’harmonium, mais mon éducation me l’interdit. »
Thierry JONQUET, extrait de Vive la mariée, article in L’Amour des livres, été 1998, p.4.